Etats d'âmes

Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 14:02

Entre l'annonce du départ de Thierry Marx sur Paris, la baisse de la consommation mondiale de vin et le marché des primeurs sauvés par les chinois... franchement, il y avait de quoi rester chez soi cette semaine...

 

Heureusement, quelques jolis flacons embellis ces derniers jours :

 

becot.jpg Château Beauséjour Bécot 2004 St Emilion Grand cru : un ensemble profond et juste, un tantinet flatteur, parfaitement équilibré. Même si le vin se tiendra parfaitement les 5-6 prochaines années, on peut dors et déjà se faire plaisir... il faudra tout de même compter une bonne cinquantaine d'euros pour ce joli flacon...

 

Domaine Bernard Baudry - Les Grézeaux 2007 Chinon rouge : du plaisir, simple, efficace, une cuvée tout en fraicheur chez Baudry, plus connu pour sa Croix Boissée, qui me ravit autant à l'apéritif que lors du repas... sans modération...

 

Domaine Gérard Courbis 2007 St Joseph rouge : mon coup de coeur du moment, moins concentré que l'on pourrait s'y attendre pour le millésime, d'une justesse rare, le vinificateur a su garder toute la fraicheur et le fruit du millésime. Remarquable. Mais difficile à trouver.

 

Clos des Terrasses - Cuvée le Clos 2005 Côtes de Bergerac rouge : le changement de propriétaire au domaine n'a pas semblé perturber la passion et le talent du maître de chai, Nicolas (dont je ne me souviens plus du nom de famille), cette cuvée est aujourd'hui rarrissime, malheur à ceux qui la recherche, bonheur à ceux qui la possède... Intense, un fruit puissant encore bien présent, une tannicité parfaitement maîtrisée, du grand art pour le bergeracois. Prochaine mise pour cette cuvée : le millésime 2008. A ne pas rater.

 

A noter, la nouvelle plateforme de blogs de la Dordogne Libre, à laquelle nous allons participer, je vous donnerais de plus amples détails dans nos prochains posts.

Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 19:14

Tiens tiens tiens...

 

A lire... ICI

  thierrymarx.jpg

Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 18:55
A lire, un article sans grande profondeur sur la question mais intéressant tout de même...
Cliquez ICI...

Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 18:43
La poignée de la porte du café grince, on se demande encore comment les carreaux de verre tiennent sur cette vieille porte en bois. Un sol fait de tous petits carreaux se découvre sous mes premiers pas. On croirait celui de la cuisine de ma grand mère. Des chaises devenues bancales sous le poids des arrières-trains. Des banquettes désuettes, rouges et moelleuses. Les journeaux du jour. Des tables usées par les petites cuillères... vous savez cette habitude bizarre de manipuler cette petite cuillère dans les stries du bois de la table... peut-être que le manque de nicotine nous oblige à ces gestes étranges et mécaniques. Les odeurs de torréfaction, d'anis, de ragout mijoté pour le plat du jour. Ca y est, je suis bien dans un vrai bistrot.

bar-retro.jpg Et cette bonne première impression est agrémentée par un vrai et beau sourire de la part de l'employée du matin. Celle qui arrive le plus tôt, pour les premiers cafés, au comptoir, où le journal s'échange de mains en mains. J'ai même droit à un "Bonjour !" enjoué. Je m'installe tranquillement dans un coin pour ma lecture vacancière. "Un café, monsieur ?" non, malheureusement, non. Vendu très cher, souvent extrèmement médiocre, le petit noir est aboli de mes consommations bistrotiques. J'ai abandonné cet excellent breuvage à cause de ces maudits patrons de comptoirs, lieu de mixité social si cher à mes yeux, qui nous vendent largement au delà du simple euro un jus de chausette acrimonieux. Certains veulent excuser le tarif par une petite friandise sur-emballée, d'autre servent un mini-verre d'eau histoire de dire que quand même "ya-du-service-dans-cette-maison", bref un kilo de café acheté aux enchères des torréfacteurs sans aucune tracasserie qualitative. Pas de café, donc.
"Un thé s'il vous plait". Enorme prise de risque de ma part. Vais-je avoir droit au malheureux et ignoble Lipton Yellow et sa question fatidique "thé nature ou thé citron ?" (je rappelle à tous ceux qui ont déserté les bistrots que cette vente additionnelle permet de facturer le thé cinquante centimes, voir un euro plus cher pour une affligeante rondelle de citron balancée au fond de la tasse). Même pas. Cette dame, toujours aussi joviale, me présente une carte de thé. Avec politesse, en plus. Elle s'eclipse discrètement pour me laisser choisir. Classe. Beaucoup trop de thé parfumé à mon goût. Pas de Yunnan. Tant pis. Je me rabats sur un Lapsang Souchon. Le plus fumé des thés... J'ai droit à un sachet de Damman. J'aurais préféré du thé en vrac, mais à 2€50 le thé, c'est déjà bien. La théière est pleine à ras bord. Il n'y a rien de plus espiègle que de ne pas la remplir. On laisse infuser. Ouverture du journal. Création de la bulle. Plus rien ne peut me déranger...


Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 19:46

images-copie-1.jpg Fin 97, je découvre une revue dont je ne soupçonnais même pas l'existence. La couverture évoquait uniquement une de mes passions naissantes. Malheureusement, un peu cher pour moi à l'époque, je ne pouvais l’acheter régulièrement et elle ne faisait pas partie des revues disponibles dans ma bibliothèque universitaire (la plus splendide que je n’ai jamais vu, place de la victoire à Bordeaux, identique à celle que l’on voit dans des films anglais ou américains). Au premier abord, le contenu restait bien complexe. Dégustation, terroir, millésime, appellations, maître de chai, effervescence et ... sommelier. Un vocabulaire bien spécifique, à milles lieux de celui que je commençais à intégrer en sociologie.
Cette revue m'a ouvert de nombreuses portes et je succulais les commentaires sur tel ou tel vignoble, les dégustations de telles ou telles cuvées. On conservait alors précieusement les exemplaires, s'y replongeant un mois, six mois ou un an plus tard comme dans une bonne BD.

Après un grignotage fruits de mer ce midi, accompagnée d’une cuvée des Enchanteleurs d'Henriot (cuvée soignée, nez vif, bouche sur le beurre frais mais composée de touches acidulées sur la pomme verte, légèrement oxydatives), mon hôte du jour me fait passer le dernier numéro de cette fameuse revue. Ce qui m'était si cher il y a une douzaine d'année, on se le passe, on ne le range même plus soigneusement, n'ayant plus autant de valeur à nos yeux. Et je ne dirais même pas dans quelle pièce de la maison il est allé la chercher. Comme dans un médiocre journal local, l'information y est pauvre, ne restant que quelques rubriques de qualités signées par de bonnes plumes. Comme un vieux disque que l'on réécoute avec déception, est-ce le temps, l'apprentissage, l'expérience qui fait l'appauvrissement de mon intérêt envers ce moyen de communication ?

Je me souviens qu'après une analyse du vignoble bergeracois, j'avais écrit une lettre au rédac chef de la revue. Je reprochais à cet article le simple effleurement de la question. Comment pouvait-on décrire géologiquement un terroir grand comme deux fois l'Alsace en trois pages ? Evidemment touché dans mon âme périgourdine, les terroirs de Saussignac, Montravel, Pécharmant ou autre Monbazillac méritaient chacun d'entre eux ces trois pages. Mais bon, je n'ai jamais envoyé ce courier.

Mais que peut-on reprocher à cette revue ?

De parler essentiellement des vignobles qui intéressent le plus grand nombre ? De ne pas plonger dans des descriptions techniques et ennuyeuses ? De lambiner autour des histoires de familles propriétaires des vignes les plus prisées ? De bien connaître les sujets marronniers avec le numéro sur les foires aux vins en septembre ou la énième dégustation de belles cuvées en Champagne en décembre ? Lui reprocher de vivre de la publicité des produits qu’elle déguste, juge et critique ?

Cette revue est tout simplement pour moi le reflet de n'importe quel support de communication de masse. Elle répond à des normes et à des règles tout à fait communes aujourd'hui. La bonne information ou la bonne source d'information, reste rare; il faut dénicher, recouper telle ou telle source et c’est le plus enrichissant.

Je me mets à fantasmer à l'orée du sommeil à une publication papier à laquelle je consacrerai une place dans ma bibliothèque avec analyses, comptes-rendus, billets d'humeurs, réflexions, discussions, débats, critiques, techniques, savoir faire, opinions et idées. Un truc bien barbant pour celui qui ne boit que de l’eau. Une revue réalisée par des fous, totalement désintéressés. S’il y a deux ou trois tarés qui sont motivés… pourquoi pas ?

 

Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 21:17
Faire le touriste n’est pas ce que je préfère, mais il faut avouer que le petit tour en bateau dans les calanques et grottes maritimes de Bonifacio vaut le détour. D’après les dires du pilote, il vaut mieux éviter la pleine saison, mais se promener avec 25° et sous un grand ciel bleu à la fin du mois d’octobre… ça vous rassure sur le choix de passer la toussaint en Corse.

On ne peut oublier la calanque dans laquelle se sépare les deux « terroirs » géologiques de l’extrême sud de l’île : à droite le calcaire de Bonifacio usé par des milliers d’années d’agression maritime, strié, coupé, arraché par la houle incessante, recouvert par une mince couverture végétale et à gauche le granit rose, dessinant de vastes blocs ronds et gourmands, roulant ça et là, au milieu des premiers maquis.

Retour sur la presqu’île de Bonifacio. La forteresse génoise donne le vertige, questionnant sur la construction et l’origine de l’édifice. Comment ? Pourquoi ? L’ancienne caserne des légionnaires est à l’abandon, les entrées sont murées. Seule, une maison de la caserne reste habitées, possédant l’une des plus exceptionnelle vue sur l’entrée du port. Sa voisine est décharnée par le temps, les tuiles tombent une à une à l’intérieur de l’édifice, surement vouée auparavant à l’habitation des officiers. On se met à rêver de la réhabilitation de ces lieux, reflexe professionnel, en joli restaurant gastronomique, avec une petite salle de vingt couverts où la vue subjuguerait tellement les convives qu’ils auraient du mal à regarder leurs assiettes.

Nous descendons sur le quai pour profiter de la terrasse du seul restaurant qu’on nous a conseillé. Les langoustes pleuvent sur toute la carte. Mais à quel prix ! Tant pis, c’est les vacances. Profitons-en. Ajoutons à ça une simple dorade bien grasse tout juste grillée et un filet de loup pour le petit. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Détour par Porto Vecchio avant de rentrer, en espérant trouver un caviste digne de ce nom. Dans le centre, une infinité de magasin bling-bling, déconcertant face à l’image du petit commerçant perché dans son village presque montagnard. Passons. Je ne suis pas venu chercher ce que je peux trouver n’importe où ailleurs. Le hasard de la route m’entraine près du port maritime, dans une cave sérieuse. Les prix sont corrects, contrairement à ceux du centre ville, les vignerons corses les plus réputés y sont représentés. On sélectionne quelques valeurs sûres pour la famille et les amis, quelques découvertes pour soi. On craque pour les deux copas et lonzos qui pendouillent. On dégustera ça avec les amis du village mais sur du Bergerac ou du Pécharmant, histoire de poser sa petite pierre périgourdine sur l’édifice de la convivialité corse.

…on peut vite tomber amoureux d’un lieu pareil…

Si vous passez par Propriano, vous DEVEZ vous arreter dans un petit resto nommé "TERRA COTA". Sur le port, vous ne pouvez pas le rater. Hors saison, obligation de réserver, la salle est minuscule...comme par hasard, c'est bondé de locaux ! Une carte appétissante, des menus dégustations d'une gourmandise absolue...

Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 19:30
Pendant que les jus s'écoulent tranquillement dans les chais, on déguste et redéguste avec attention différentes petites choses que l'on avait trop rapidement jugées pendant l'été ou mis de côté... L'automne est pour moi une sorte de mi-temps entre la fin de la saison estivale et le début des repas de fin d'année...

On redécouvre avec intérêt la cuvée Le Clos du Clos des Terrasses, Côtes de bergerac rouge 2005. L'ensemble commence à s'arrondir, le fruit est toujours explosif mais la structure commence à se dessiner. C'est mon coup de coeur du moment, sur le cochon fermier de notre nouveau chef... du vent nouveau souffle dans les cuisines...
Petit tour de dégustation à Monbazillac, beaucoup de domaines dégustés, des vins très hétérogènes. Certains jouent la carte de la concentration à outrance, d'autres sont de simples moelleux... je retiendrais la cuvée Les Brumes 2006 du domaine Les Hauts de Caillevel, une belle liqueur moyennement intense, un fruit plaisant, classique mais efficace. Rapport qualité prix irréprochable. Mais le reste des dégustations sont franchement décevantes. Je me rabats finalement sur un Saussignac 2005 du Château Les Miaudoux. Le vin liquoreux le plus équilibré que j'ai pu dégusté dans mes recherches. Même si une étrange sensation d'éther ou d'éthanal me trouble au nez...

Redécouverte également de la cuvée Don Quichotte 2005 du Domaine Le Roc en Fronton que j'avais laissé tranquille depuis l'hiver dernier. Toujours aussi généreux, ce vin mérite encore au minimum deux ans de cave... mais quel vin ! Vif, d'une intensité remarquable, des notes cuirées et surtout épicées mais sans exubérances. Et surtout ce nez stupéfiant : un poivre, comme vous n'en avez jamais senti. On aimerait avoir 12 unités en cave pour en boire une par an pendant douze ans...

Pas de bonne surprise, par contre, sur le millésime 2006 en rouge. Les blancs de ce millésime restent pour moi une référence d'équilibre et de fraicheur. Mais les rouges sont à oublier (en bergeracois, entendons nous bien). Les 2007 commencent à pointer le bout de leur nez sur la carte... avec les Rhônes, bien sur, j'y reviendrais dans un futur post, mais aussi les jeunes bourgognes, qui se montrent fermes mais déjà délicieux.

En ce jour de Beaujolais nouveau, une petite pensée pour nos acolytes biarrots et bayonnais qui savent, eux au moins, fêter le vin comme il se doit... à quand une St Vincent en bergeracois ? Si au moins deux personnes du vignobles bergeracois se joignent à moi, je veux bien aller au charbon pour organiser ça... faites moi signe !
Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 21:00

Une maison de vacances ne vit pas à la même vitesse qu’une habitation normale. Elle ne vit que quelques semaines ou quelques mois par an. Les meubles sont comme un vieil armagnac, hors d’âge, et cela n’a aucune importance. On retrouve des photos, des jeux, des souvenirs dont l’origine se compte en décennies. La nostalgie naissante de ces marques du passé se cicatrise avec les nouvelles générations qui découvrent ces lieux. Les gamins ne font pas encore attention à tous ces reliquats estivaux…

Et dans un tas de journaux et magasines amassés au cours des vingt-cinq années passées, je découvre avec enthousiasme les numéros 4 et 5 du bimensuel « Saveurs » datés du printemps 1990. Je ne sais même pas si cette revue existe encore. Au premier regard, on devine qu’elle n’est pas toute jeune, en découvrant une publicité pour Dunhill en quatrième de couverture… et en couverture, la question fatale : « vins 1989 : l’année du siècle ? ». Deux décennies plus tard, l’analyse est bien plus facile mais malheureusement, il ne reste plus beaucoup de flacons abordables pour le vérifier. L’article compare le millésime à celui de 1961 et plus étrangement à celui de 1976. Un petit sondage auprès de vigneron pose la question : Hubert de Montille dément, Bertrand Devillard confirme. Un autre article s’étonne de l’augmentation du prix du vin, rendez vous compte, un Château La Lagune 1982 à 280 Francs, un Cos d’estournel 1985 à 350 F !!! Un scandale…Les deux journalistes sont subjugués par des Corton-Charlemagne vendus 1000 Francs le flacon, et se rassurent en affirmant qu’il est toujours possible de trouver de bon bordeaux rouges à 20-25 francs.

Mais le vrai régal reste les photos, magnifiques soit dit en passant, par rapport à ce qu’on peut regarder aujourd’hui. On redécouvre un Ducasse bien barbu, un Pourcel juvénile, des clichés géniaux d’Alphonse Mellot ou autre Vincent Pinard, et de fabuleux gros plans sur des bouteilles de Plageoles. Un délice pour les yeux, un régal pour l’esprit.

Mais le plaisir suprême de la maison de Fozzano (prononcez Fozzan’), c’est d’ouvrir simplement les deux volets vieillis par le temps de la porte fenêtre de la cuisine, faire un pas sur la petite terrasse et prendre en plein visage la vue sur le golfe de Propriano... sûrement la seule chose qui n’a pas beaucoup changé en vingt-cinq ans.

vue de Fozzano, début du siècle dernier

 

 

Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 13:16
Après quelques week-ends passés dans les vignes périgourdines, il est évident que nous sommes à l'orée d'un millésime particulier. La qualité de la vendange en rouge est indéniable, c'est sain, c'est mûr, c'est beau. En ce qui concerne les blancs, je reste méfiant. Le raisin est de qualité, certes, mais mûr, trop peut être. Des sauvignons autour des 14°, ce n'est pas ce que je préfére, mais d'autre aimeront, sans doute. Nous verrons bien dans quelques semaines.
Promis, je mettrai des photos prises lors du week end du 3 et 4 octobre lors des vendanges au Chemins d'Orient sur ce blog dès que possible.
J'ai tout de même vu dans certain secteur bergeracois et bordelais des vignes franchement bien chargées, presqu'autant qu'en 2004.  Les jus et moûts dégustés sont friands et intense. Intéressants en tous cas. Qui vivra...

Coté dégustation, le week-end fût, lui aussi, "intéressant". Un Clos Mogador 1999 en Priorat remarquable, qui a encore dix années de garde sous le pied, un "plus-que-prometteur" Chateauneuf du Pape 2007 de la Janasse, naturellement serré mais intense et charmeur. Il y eut également une syrah marocaine, Tandem 2007, gourmande, un Soutard 2002 qui m'a plu, malgrè une mauvaise réputation (n'est-ce pas Sylvain... "Soutard ? c'est vert !"), j'ai failli oublié une Edmond 2006 de Mellot en Sancerre blanc, puissante et sybarite... et comme d'habitude j'en oublie les trois quarts...

Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /Juil /2009 17:22
Dix ans. Dix ans que je vends du vin en tant que caviste, négociant ou sommelier. Dix ans que je déguste, sélectionne, conseil et promotionne. Dix ans que j'observe les différents métiers du vin. Et finalement, celui qui me passionne le plus c'est le métier de sommelier. Avec du recul, on observe que l'action de vente dans la restauration se segmente vis à vis du type d'activité. Sous l'influence d'une politique hygiéniste, de différentes législations successives, tél la décision de conserver la TVA à 19.6% pour les vins et spiritueux, des fossés se creusent.

Un restaurant doit aujourd'hui agir avec inventivité afin de conserver un minimum de vente. Le service au verre est à mes yeux la meilleure arme. On peut déplorer la médiocrité quasi générale de l'offre actuelle : qualitativement, on retrouve souvent de piètres crus proposés au verre afin de maximiser les marges réalisées et de minimiser les pertes; quantitativement, l'offre se limite essentiellement à un verre de vin par couleur. L'exemple à suivre me semble être celui de Richard Bernard, meilleur sommelier de France 1997, exerçant au St James à Bouliac. Des choix bluffant, un service ultra-qualitatif, proposant également des forfaits d'accords mets et vin sur les différents menus. Et de l'audace, étant donné la situation du restaurant, au milieu du vignoble bordelais. Evidemment, tous les restaurants n'ont pas un chef comme M. Portos en cuisine ou une clientèle d'un établissement comme celui-ci. Mais toute relativité faite, je reste persuadé que tout restaurateur peut proposer au moins deux verres différents en rouge comme en blanc. On peut imaginer facilement qu'un client qui déboursait hier 30, 50 ou 80 € dans une bouteille peut tout à fait se réjouir de payer seulement 3, 5 ou 8 € un verre de vin afin d'accompagner un plat ou son repas.

Un bar à vin doit naturellement proposer plus de références mais possédant moins de choix qu'une carte des vins d'un grand restaurant, il doit jouer sur la rotation des vins proposés. D'autant plus que la fréquence de visite de la clientèle de comptoir est plus importante que celle d'un restaurant.

Mais les restaurants et bar à vin observent l'ovni : le restaurant d'hôtel. Le client déguste là où il va pouvoir se reposer. J'observe personnellement que dans ce cas la vente de bouteille de 75 cl (et de 50cl) souffre peu. Le client se réjouis de "pouvoir enfin en profiter". Cette phrase, je l'entends au minimum une fois par jour. Professionnellement, on se régale : vente à la bouteille, au verre, vente additionnelle d'apéritifs, de digestifs et autre vin de dessert. Le sommelier travaille alors dans le but d'assouvir un plaisir. Le plaisir de son client.
Je ressens souvent de la part de la personne assise à notre table, ce besoin individuel, sensoriel et parfois charnel.

Toutefois, ce travail est réalisé dans un cadre moral, où l'on observe quasiment aucune déviance grave et/ou dangereuse. Ce cadre est essentiel. Le cadre social, naturellement, mais également la mis en valeur du produit. Le sommelier ou le restaurateur doit soigner la présentation, s'intéresser à la qualité du verre, la température de service, la nécessité ou non de faire respirer le produit en dehors de son flacon, en résumé : respecter le produit.
Bref, ce cadre moral nécessaire à la dégustation de vins et spiritueux aide l'individu à réguler sa consommation, en appréciant peu mais bien par exemple. Or depuis une dizaine d'année, le lobbying hygiéniste français place un bandeau sur les yeux du consommateur. Sans ce cadre moral, l'individu se retrouve seul face à ce plaisir simple. Les limites ne sont plus clairement posées.

La qualité de la consommation hors cadre peut tout à fait être égale à celle d'un restaurant ou d'un bar, mais la quantité consommée est alors uniquement régulée par le consommateur final. Et les méthodes de responsabilisation de l'individu via les "femmes enceintes barrées" ou les mentions et recommandations sont totalement inefficaces. Un publicitaire m'avait expliqué que "ce qui se voit tout le temps ne se voit plus". Qui fait encore attention à ce qu'il y a inscrit sur les paquets de cigarettes ? Le fameux "Fumer tue" permet simplement aujourd'hui de savoir de quel pays vient le paquet de cigarette...


Actuellement, les législateurs, appuyés par un fort lobbying, font tout pour limiter la consommation dans un cadre conventionnel comme celui d'un restaurant ou d'un bar. Mais les barrières posées par les politiques et hygiénistes entrainent les individus à isoler leur consommation.
Le danger est là.

Nb : hormis les vins et spiritueux, deux produits voient leur TVA se maintenir à 19.6%. Il y a le caviar et ... le chocolat au lait... y aurait-il également, lobbying en France contre le chocolat au lait ? Mystère...
Par Damien - Publié dans : Etats d'âmes
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